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Décès de l'écrivain Alain Nadaud



L’écrivain Alain Nadaud s’est éteint le vendredi 12 juin 2015, au cours d’une croisière dans les Cyclades, au large de l’île d’Amorgos. Il vivait en Tunisie depuis vingt ans.

 

La dernière fois que nous avons vu Alain Nadaud à l’Institut français de Tunisie, c’était à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux au "Petit Carnot", le 14 mai 2015.

 

Discret, il était accoudé à la balustrade du toit terrasse, en compagnie de l’écrivaine Colette Fellous et de son compagnon, le comédien Jean-Baptiste Malartre. La nuit commençait à tomber sur Tunis, les hirondelles virevoltaient avec grâce dans le ciel. Une "ancienne" de l’Institut l’avait salué et dans un rire clair, il lui avait lancé avec malice : cela ne nous rajeunit pas !

 

Avant d’être attaché culturel au Québec, Alain Nadaud avait dirigé le bureau du livre de l’Institut français de Tunisie. Homme de culture et écrivain de talent, ses romans érudits et exigeants interrogeaient le monde, l’écriture, la création littéraire.

 

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, son nom restera associé à des œuvres exigeantes, récompensées par le prix de l’union des éditeurs de langue française (L’iconoclaste, Éditions Quai Voltaire, 1989), le grand prix du roman de la Société des gens de lettres (le Livre des malédictions, Éditions Grasset, 1995), le prix Méditerranée (Auguste fulminant, Éditions Grasset, 1999).

 

Né à Paris en 1948, Alain Nadaud avait fait des études de lettres à l’université de Nanterre. Après avoir enseigné en Irak et au Nigeria, il avait travaillé pendant dix ans comme conseiller littéraire auprès de plusieurs éditeurs -Denoël, Ramsay, Balland, Belfond-. Il avait également collaboré à de nombreuses revues, avant de fonder et de diriger Quai Voltaire, revue littéraire.

 

Il partageait son temps entre l’écriture, les voyages et l’atelier de création et de production de verre soufflé de sa compagne, l’artiste tunisienne Sadika Keskes. Avec elle, il avait célébré en 2014 le centenaire du voyage du peintre Paul Klee en Tunisie, avec une belle exposition et la publication d’un ouvrage.

 

À l’espace d’art Sadika (Gammarth) ce samedi 13 juin en fin de journée, les ouvrages publiés par Alain Nadaud sont présentés dans une vitrine proche de l’entrée. A la caisse, une jeune femme nous dit sa tristesse, mais elle ajoute qu’Alain Nadaud restera toujours vivant à travers ses livres. C’est peut-être le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre.

 

Le directeur de l’Institut français de Tunisie et son équipe présentent à son épouse Sadika et à toute sa famille leurs plus amicales condoléances.

 

Un hommage sera rendu à l’écrivain Alain Nadaud à l’Institut français de Tunisie, à l’automne 2015.

 

 

D’écrire Alain Nadaud arrête.

[La République des livres, blog de Pierre Assouline, 9 juillet 2011]

Le voyage en Tunisie de Paul Klee.

[France Culture, Carnet nomade (Colette Fellous), octobre 2014]

 

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Commentaires


Alain Nadaud était un grand homme tant en termes de culture et d'écriture qu'en termes d'humanité. Paix à son âme, et condoléances à sa famille, sa compagne et à la famille culturelle française tant en France qu'en Tunisie.

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