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Coopération

Dans Les Cahiers de l’Orient (2010), Christine Darmagnac, historienne de l’art et spécialiste de l’Orient, rappelait avec justesse que la Tunisie est une véritable carte aux trésors archéologiques.
Terre de légendes, son patrimoine se distingue autant par la richesse et la diversité de ses sites que par la valeur exceptionnelle de ses monuments. Carthage, capitale de l’Empire punique fondée par la princesse Didon, devint l’une des grandes métropoles du monde romain. Kairouan, première ville fondée par les Arabes en Afrique du Nord, est aujourd’hui reconnue comme la quatrième ville sainte de l’Islam.

La Tunisie est ainsi un creuset de civilisations, où se sont rencontrés et succédé Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins, Ottomans et Arabes. Cette pluralité culturelle, linguistique et spirituelle fait de la Tunisie un modèle de dialogue entre les héritages du passé et un exemple inspirant pour un monde contemporain en quête de sens et de cohésion.

La Méditerranée constitue l’autre pilier de cette identité. Comme l’écrivait Fernand Braudel, elle est à la fois une mer de routes et d’échanges, une « mère Méditerranée » qui a façonné les civilisations riveraines. Cette vision résonne particulièrement aujourd’hui, à l’heure où la préservation des mers et des océans est devenue un enjeu central du développement durable, dans la continuité du respect de la nature déjà présent chez les civilisations anciennes.

L’un des plus beaux témoignages de cette Méditerranée partagée est sans doute la mosaïque des îles et villes de Méditerranée, découvert sur le site de Haïdra et conservée au Musée national du Bardo à Tunis. Véritable voyage symbolique, cette œuvre exceptionnelle a fait l’objet d’une restauration exemplaire dans le cadre d’une coopération franco-tunisienne entre l’Institut National du Patrimoine (INP) de Tunisie et l’atelier de restauration du Musée départemental Arles antique, au sein du programme « REFORMIL ».

La Tunisie accueille actuellement trois missions archéologiques françaises, financées par la Commission des fouilles du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), témoignant de la vitalité et de la continuité de la coopération scientifique franco-tunisienne dans le domaine de l’archéologie.

Ces missions sont conduites respectivement :

– à Sbeïtla (Sufetula), avec le projet mené par Mohamed Ben Nejma (INP) et Nicolas Lamare  (Université de Picardie Jules Verne – UMR 4284 TRAME) qui contribue à éclairer les dynamiques de l’évolution urbaine sur la longue durée, et met au jour des monuments jusqu’alors inconnus ;

– à Haïdra (Ammaedara), sous la direction de Caroline Michel d’Annoville (Université Paris-Sorbonne – Antiquité classique et tardive) ;

– à Tapsus (Thapsus), sous la responsabilité de Laurence Tranoy (Université de La Rochelle – UMR 7266 LIENSs).

Elles contribuent à l’étude, à la conservation et à la valorisation du patrimoine archéologique tunisien, tout en renforçant les échanges scientifiques et la formation par la recherche entre les équipes tunisiennes et françaises.

Former et coopérer sont au cœur de notre engagement commun avec l’Institut National du Patrimoine (INP). C’est dans cet esprit qu’un nouveau chantier a été lancé à travers un Fonds Équipe France (FEF) d’un million d’euros, destiné à la création d’un master en archéologie, en étroite collaboration avec l’Institut National du Patrimoine. Ce projet illustre la vitalité et l’ambition d’une coopération franco-tunisienne tournée vers la transmission, la recherche et la valorisation durable du patrimoine.

Découvrez aussi d’autres projets scientifiques de cette coopération franco-tunisienne :

  • avec le projet mené par Ahmed Gadhoum, Imed Ben Jerbania et Jean-Philippe Goiran, consacré à la géoarchéologie du site d’Utique, au nord de la Tunisie, et à la manière dont l’évolution d’un fleuve a contribuer à sceller le destin d’une importante cité antique maritime, ainsi que le podcast (28′) de Jean-Philippe Goiran sur France culture ;
  • avec le projet mené par Samir Aounallah et Véronique Brouquier-Reddé à Dougga (Thugga) ;
  • le film Kerkennah – Figer l’éphémère (2025, 8’21) s’inscrit dans le prolongement d’un programme archéologique tuniso-français mené dans l’archipel de Kerkennah entre 2020 et 2023, sous la direction conjointe de Katia Schörle (CNRSAix-Marseille Université) et de Ali Drine (Institut National du Patrimoine, Tunisie). Ce programme visait à documenter l’exploitation du sel dans une perspective diachronique et à contribuer à la connaissance et à la sauvegarde de vestiges côtiers menacés par les dynamiques environnementales actuelles, notamment sur le site majeur de Borj el H’ssar, l’antique Cercina.
    Réalisé dans le cadre d’un projet-école de la plateforme « ISMed », le film a mobilisé une équipe interdisciplinaire d’étudiants tunisiens et français, associant recherche archéologique, création audiovisuelle et médiation scientifique. Il met en lumière le travail des archéologues face à un patrimoine particulièrement vulnérable, tout en sensibilisant aux effets du changement climatique. Le projet contribue ainsi à la formation de jeunes chercheurs et créateurs et participe à la valorisation d’une coopération scientifique et culturelle exemplaire entre la France et la Tunisie.

Cooperation-FrTu-Archeologie-affiche

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