Dans "Rabbi maak", Cléo aborde de façon tout à fait singulière tant l’histoire peu connue des juifs du Maghreb que la question plus générale des failles de la transmission au sein des familles en particulier celles touchées par l’exil. Elle se propose de nous faire partager un cheminement, le sien ainsi qu’une sorte de "rencontre" avec ses grands-parents à l’heure où la porte ouverte par leur petite-fille cinéaste peut d’évidence les conduire à replonger différemment dans ce passé qui les fabrique.
"Le point de départ de ce film, c’est ce tiraillement qui est le mien, autour cette identité impensable, impensée, de cette transmission "manquée". Et aussi cette conviction : tant qu’ils sont encore là, en vie, il est possible de mettre à l’œuvre une autre transmission. Nos échanges agissent, font bouger les lignes sur lesquelles nous sommes, nous rapprochent, nous réparent. Retourner avec mes grands-mères dans les pays desquels elles se sont arrachées il y a plus de cinquante-ans serait un magnifique bouleversement."