Un projet autour de la célèbre et inaccessible Villa Baizeau, de l’architecte Le Corbusier, aujourd’hui enfermée dans la résidence présidentielle de Tunisie. En quête de reconnaissance de ce patrimoine architectural, l’artiste travaille sur un projet d’exposition à Carthage, avec l’architecte Chacha Atallah.
"J’ai tenté à plusieurs reprises, en contactant les autorités tunisiennes et françaises d’obtenir une autorisation et jusqu’à présent mes demandes de visite de la Villa Baizeau n’ont pas débouché. De cette impossibilité de pénétrer dans la maison, et même de la filmer de loin -j’ai été arrêtée avec un ami lors de mon premier voyage, alors que nous la filmions de Sidi Bou Saïd- est née l’idée de tourner autour et d’en dessiner la forme, les espaces et l’histoire grâce à la parole de ceux, français et tunisiens, ayant un lien plus ou moins direct avec elle : les enfants Baizeau, des artistes, des architectes, des spécialistes de l’œuvre de Le Corbusier mais aussi les descendants du personnel tunisien travaillant dans la maison, des pêcheurs... À ce jour, je me suis déjà rendue à deux reprises en Tunisie pour des prises de contact et du repérage. L’accueil, l’aide et le soutien que m’ont apporté un très grand nombre de tunisiens dans mes démarches m’ont confortée dans l’idée que le sujet de cette villa déborde le geste architectural : elle s’inscrit dans une histoire à la fois intime et historique, passée et contemporaine. La masse des documents collectés, les nombreux témoignages que j’ai et dois recueillir dans l’avenir, m’ont décidée à suivre trois axes de travail, trois chemins qui se croiseront, se complèteront afin de mieux embrasser l’ensemble des problématiques soulevées par la villa Baizeau. Ces multiples entrées imposent différentes formes de restitution : la vidéo et une installation".